« ‘A Dissolving View’ (1852) : les inconséquences historiques de Susan Fenimore Cooper » – Hélène Valance (Université de Bourgogne-Franche Comté) – Séminaire A19

Publié le 8 avril 2022

08 avril 2022 - 14 h 00 min - 16 h 00 min


« A Dissolving View « (1852) : les inconséquences historiques de Susan Fenimore Cooper

Vendredi 8 avril, 14h-16h (ODG 830/zoom)

Cette communication examine « A Dissolving View », un essai de la naturaliste et écrivaine Susan Fenimore Cooper, qui considère le paysage naturel américain dans une perspective historique, transatlantique, et médiée par les technologies de l’image, dont la lanterne magique qui lui donne son titre. Il met en scène le regard de l’autrice contemplant depuis le sommet d’une colline la petite ville de Cooperstown, fondée par son grand-père sur les rives du lac Otsego dans l’actuel état de New York. Cooper part du spectacle de la vallée « s’étendant à [ses] pieds comme une magnifique carte » (« like a beautiful map ») pour déployer une réflexion sur les rapports entre histoire et paysage, sous-tendue par une comparaison entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Après avoir retracé les grands moments de l’humanité et de son impact sur le paysage (des tumuli anciens aux ruines médiévales), Cooper souligne combien les édifices américains, marqués par une logique capitaliste et utilitaire, semblent précaires au regard de l’histoire longue. Les dernières pages du texte voient ces considérations généralisantes culminer en une vision inattendue : abandonnant le ton formel de l’essai, l’autrice plonge le lecteur dans un moment de pure fantaisie, dans tous les sens du terme. Armée d’une branche d’hamamélis (witch-hazel), elle projette sur le paysage une fantasmagorie qui rejoue l’inévitable comparaison entre Europe et Amérique, mais en remontant le passé. L’illusion fait disparaître, d’abord, toute trace d’occupation par les colons pour retourner le paysage à son état « sauvage ». Mais l’autrice va plus loin encore, et superpose sur cette nature américaine un paysage européen imaginaire. Le paysage naturel devient ainsi le terrain d’une histoire alternative, décalée et re-cadrée dans un « jeu de cadavre exquis architectural » (« a game of architectural consequences »). La communication reviendra en particulier sur les enjeux esthétiques de l’essai, en le replaçant dans la culture visuelle et artistique de son époque.   

Hélène Valance est maîtresse de conférences en études américaines à l’Université de Bourgogne Franche-Comté. Elle travaille sur les arts et la culture visuelle américains. Elle est l’autrice de Nocturne. Night in American Art, 1890-1917 (Yale University Press, 2018). Ses recherches actuelles portent sur les représentations de l’histoire nationale dans la culture visuelle et matérielle américaine du 19ème à la première moitié du 20ème siècle. 

Séminaire A19

A19 a pour vocation de s’intéresser à la littérature américaine du long XIXe, mais ne s’interdit pas de se tourner ponctuellement vers l’histoire, l’histoire de l’art, la philosophie, ou les sciences, ni de considérer les correspondances du champ américain avec le domaine britannique ou français.

Le séminaire A19 relève de l’axe de recherche Frontières du Littéraire.

Il est lié aux séminaires Odela (Observatoire de la littérature américaine) et Victorian Persistence.

Pour plus d’informations, le site : https://a19.hypotheses.org.

Zoom link @ https://a19.hypotheses.org/

 

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