Etats-Unis : « Le système électoral donne un avantage structurel au Parti républicain » – Tribune de François Vergnolle de Chantal

Posted on November 16, 2020

Certains Etats tentent de réformer le processus selon lequel le candidat arrivé en tête dans l’un d’eux remporte tous ses grands électeurs, explique l’américaniste François Vergniolle de Chantal dans une tribune au « Monde ».

Pourquoi les élections présidentielles américaines sont-elles décidées par un « Electoral College » ? La question a été abondamment posée ces dernières semaines, tout comme en 2016, lorsque Hillary Clinton fut battue par Donald Trump en nombre de délégués – 304 contre 227 – en ayant pourtant 3 millions de voix de plus que son adversaire. Est-ce à dire que le collège électoral serait antidémocratique ?

Nombreux sont ceux à le penser, mais pourtant, telle n’était pas l’intention des Pères fondateurs lorsqu’ils inclurent ce collège dans la Constitution. Selon l’Article II, section 1, chaque Etat a autant de grands électeurs que de représentants et de sénateurs au Congrès (soit un total de 538 de nos jours), et c’est l’assemblée de chaque Etat qui est libre de déterminer la façon dont ils sont désignés. Leur fonction est d’élire le président – et, jusqu’au 12e amendement de 1804, le vice-président – en fonction des résultats électoraux dans leur Etat.

Encadrer les excès de l’opinion

Le collège électoral était donc un mécanisme de suffrage indirect. A l’instar d’autres institutions comme le Sénat, la présidence et la Cour suprême, il était destiné à encadrer les excès de l’opinion. Les rédacteurs de la Constitution créèrent en effet une république où la volonté populaire est certes souveraine, mais filtrée, affinée et améliorée par plusieurs tamis institutionnels. Cette sophistication fut vertement critiquée pour ses relents aristocratiques, voire monarchistes. Mais si la présidence, le Sénat ou la Cour suprême furent dénoncés par les opposants au projet de Constitution, cela ne fut pas le cas du collège électoral. C’est que ce dernier devait être désigné par des assemblées librement élues et maîtres de la procédure. Très vite, d’ailleurs, plusieurs d’entre elles choisirent de transférer la décision aux électeurs. Surtout, les Pères fondateurs considéraient que les grands électeurs seraient répartis en fonction de circonscriptions que les Etats auraient définies, afin de permettre une attribution relativement proportionnelle, à l’image de ce qui se fait dans le Maine et le Nebraska actuellement.

Lire l’intégralité de la tribune sur Lemonde.fr

 

Par François Vergniolle de Chantal, politiste et professeur de civilisation américaine à l’Université de Paris (LARCA – UMR 8225).

 

 

 

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