Enraciner l’empire

Publié le 23 décembre 2021

Une autre histoire du jardin botanique de Calcutta (1860-1910)

Bellégo Marine

Editeur : Muséum national d’Histoire naturelle

Parution : 23/12/2021

Nombre de pages : 559

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RésuméTable des matièresCritiques

Le 5 octobre 1864, un violent cyclone s’abat sur la plaine du Gange. Calcutta, capitale de l’Empire britannique en Inde, est dévastée. « Le jardin botanique de Calcutta figure désormais parmi les choses du passé », lit-on dans le Gardener’s Chronicle.
Trois décennies plus tard, le jardin était pourtant devenu l’un des plus éminents symboles de l’Empire britannique. Les visiteurs affluaient pour admirer un arbre immense à l’allure de forêt : le grand banian. Son herbier, riche de milliers de spécimens venus de tous les territoires impériaux, en faisait un haut lieu de la classification botanique. Ses directeurs étaient tenus de contribuer à l’essor économique du Raj en tentant d’acclimater de nouvelles espèces et d’améliorer le rendement des récoltes. Ses responsables en écrivaient l’histoire comme celle d’un lieu colonial modèle qui servait la mission civilisatrice de l’empire.
Ce livre étudie le rôle à la fois symbolique et économique qu’a joué le jardin botanique de Calcutta dans le dispositif d’un empire alors à son apogée. À l’aide d’archives inexploitées jusqu’ici, Marine Bellégo nous plonge dans le quotidien à la fois monotone et tourmenté de l’un des plus grands jardins botaniques coloniaux. Elle met ainsi au jour les innombrables tensions qui parcouraient ce microcosme impérial dysfonctionnel, faisant un sort aux échecs d’acclimatation, aux désastres logistiques, aux problèmes de main-d’œuvre et à la dureté implacable des relations humaines dans la sphère coloniale. L’ouvrage explore ainsi comment se rejouaient au sein d’un jardin botanique les ambiguïtés, les contradictions et la violence structurelle de l’entreprise impériale.

  • La parution de l’ouvrage de Marine Bellégo marque à coup sûr un tournant dans les études sur les sciences, l’environnement et les  mondes du travail en situation coloniale. Dans le sillage tracé par les postcolonial studies ou les subaltern studies, l’autrice met à distance une représentation désormais obsolète voulant que les empires aient été des entités politiques homogènes et cohérentes, alors qu’ils furent en réalité pétris de tensions et de contradictions.
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