Historique du Larca

— Depuis la création de l’UFR d’Etudes anglophones (Institut Charles V) en 1969 autour du linguiste Antoine Culioli, ont existé en son sein des groupes de recherches tels que le CIRNA (Centre interdisciplinaire de recherches nord-américaines) et le CRIB (Centre de recherches sur les îles britanniques) ainsi qu’en linguistique, traduction et didactique. Il y a régné un esprit d’ouverture et de collaboration dû au fait que nombre d’enseignants-chercheurs étaient intéressés par la « civilisation » autant que par la « littérature », comme en témoignaient les recherches sur l’histoire des femmes, l’histoire du livre, de la lecture et de la liberté d’expression, l’histoire des jardins, l’histoire du cinéma, la culture populaire, les études afro-américaines et les études sur la poésie.

— Années 1980 : dans le contexte de la loi Savary de 1984, une « équipe de recherche » se structure de manière formelle. Elle est alors dirigée par Richard Marienstras, éminent spécialiste des études élizabéthaines. Au début des années 1990, John Atherton — l’un des premiers spécialistes de l’histoire de la culture populaire américaine —, prend sa succession, et notre équipe de recherche est désignée sous l’acronyme LICIBA : « Littérature, Civilisation Britanniques et Américaines ». L’équipe poursuit sa structuration institutionnelle et épistémologique. Soutenue par l’université par le biais du « Bonus Qualité Recherche », elle peut engager une politique de soutien des colloques et des nombreuses missions de terrain de ses membres. Elle s’organise alors en différents « centres de recherche » qui fonctionnent de manière indépendante :

  • CIRNA (« Centre Interdisciplinaire de Recherches Nord-Américaines »)
  • CRIB (« Centre de Recherche sur les Iles Britanniques »)
  • CRHEU (« Centre de Recherche sur l’Histoire des Etats Unis »).
  • CEJA (« Centre d’études judéo-américaines »)
  • CERLA (« Centre d’études et de recherches sur la littérature anglaise »)

Dès cette période, certaines thématiques fortes apparaissent qui restent encore au cœur de la recherche du LARCA : la recherche sur la jeune république américaine et la modernité, sur la culture visuelle britannique et américaine au sens le plus large, mais aussi la recherche sur la culture contemporaine et matérielle, les migrations, le livre et la poésie, ou encore le genre. Au milieu des années 1990, Rachel Ertel, grande spécialiste de littérature juive américaine, succède à John Atherton.

— En 1998, à côté des linguistes qui forment l’équipe LILA, le LICIBA se scinde en deux entités :

  • CIRNA (dirigé par Marie-Jeanne Rossignol)
  • SIECLE (« Secteur Interdisciplinaire d’Etudes sur la Civilisation et la Littérature anglaise »), dirigé par Françoise Barret-Ducrocq et Catherine Bernard)

De son côté, Geneviève Fabre, spécialiste de littérature noire américaine, obtient le statut de « jeune équipe » assurant à son groupe un financement spécifique qui, conjugué à une dotation de la Florence Gould Foundation, lui permet de promouvoir la recherche dans le domaine des « African- American studies », domaine dans lequel les enseignants chercheurs de Paris 7 font un travail pionnier. Le dynamisme des équipes leur confère un rayonnement international grandissant, à un moment où l’enseignement supérieur devient une priorité européenne. Grâce à des dotations ministérielles plus substantielles, auxquelles le BQR continue d’apporter de très importants compléments (sur projets) alloués chaque année par le Conseil scientifique de l’université, missions et colloques peuvent enfin être financés en interne ; le recours aux aides ad hoc du ministère ou des ambassades étrangères n’est alors plus aussi indispensable.

— A la fin des années 1990, les équipes poursuivent leur travail de structuration et se dotent d’instruments de gouvernance. Elles restent organisées autour des centres de recherche qui avaient impulsé la recherche lors des deux décennies précédentes, mais une culture d’équipe plus collective se fait jour alors. Les problématiques travaillées se répondent parfois d’une équipe à l’autre (voir la journée «Cultural Studies» de 2001 organisée par CIRNA [Marie-Jeanne Rossignol] et SIECLE [Catherine Bernard]). De 2002 à 2006, l’organisation en trois équipes n’évolue pas, mais suite aux recommandations des évaluateurs et de l’université, il est décidé de regrouper SIECLE (toujours dirigée par Françoise Barret-Ducrocq et Catherine Bernard) et CIRNA (dirigée par Catherine Collomp et François Brunet) en une seule équipe en 2006, à mi-parcours du contrat quadriennal 2005-2008.

— Au même moment, avec l’appui du conseil scientifique de l’UFR, un effort de structuration des fonds documentaires est aussi accompli, permettant la création d’un centre de ressources documentaire de premier plan sur le site historique de l’UFR, rue Charles V, dans le 4è arrondissement, regroupant les très riches collections amassées depuis les années 1970 par les groupes de recherches. Ce Centre de ressources fut financé par un plan pluri-formations (PPF) ainsi que par les crédits IUF de Marc Chénetier, qui en assurait le pilotage.

Séparées, les équipes avaient permis un adossement des spécialités de master à la recherche par aires. Mais la réforme de l’agrégation favorisant un découpage plus disciplinaire qu’aréal, une nouvelle équipe fusionnée, dirigée par Frédéric Ogée de 2006 à 2008, voit le jour sous la forme d’un collectif plus large, dans lequel disparaissent les anciens « centres de recherche ». En collaboration avec le Conseil Scientifique de l’UFR et sous l’impulsion de professeurs comme Catherine Collomp et Robert Mankin, un travail de définition d’axes thématiques aboutit alors à une structuration en différents secteurs disciplinaires : « arts visuels », « littérature », et « histoire et civilisation ».

Naissance du LARCA

En 2010, le LARCA, dirigé par Robert Mankin, s’engage sur la voie d’une reconnaissance par le CNRS qui aboutit en 2013 en vue du contrat 2014-2018. Si cette reconnaissance a été possible, c’est parce que britannistes et américanistes ont uni leurs forces autour de problématiques transversales tels que « Lumières et modernité », « Arts visuels », « Histoire du politique dans les pays anglophones ». Outre l’originalité des projets des chercheurs (séries TV, esclavage, histoire de l’art, genre), le CNRS a reconnu dans notre équipe une volonté d’action collective, une capacité à repenser les objets de la recherche, un esprit d’innovation, de critique et d’ouverture.

Cette originalité est, depuis plusieurs années, reconnue par la présence de plusieurs membres de l’UMR à l’Institut Universitaire de France : Marc Chénetier, François Brunet, Mélanie Torrent, Thomas Constantinesco, Will Slauter, Stéphanie Prévost.

À chaque étape de son histoire, les recherches menées dans les domaine de l’histoire, de la culture visuelle et de la littérature du monde anglophone ont nourri la publication de revues portées par les groupes de recherche, parfois en collaboration :

  • • Les Cahiers Charles V (nommés ainsi car l’UFR a longtemps été situé rue Charles V dans le 4e arrondissement de Paris), de 1979 à 2011. Les numéros de la revue sont désormais numérisés. Sommaires des numéros consultables : http://www.univ-paris- diderot.fr/EtudesAnglophones/pg.php?bc=CHVP&page=LesCahiersCharlesV&g=sm
  • • Interfaces, revue consacrée à l’intermédialité et aux relations inter-artistiques (publiée en collaboration avec the College of the Holy Cross [MA] : https://college.holycross.edu/interfaces/index.html
  • • Arts of War and Peace, revue en ligne créée en 2016 : http://www.awpreview.univ-paris- diderot.fr/?lang=en

L’installation du LARCA sur le nouveau site de Paris Diderot en 2013 — à proximité de la Bibliothèque Nationale de France — offre de très bonnes conditions de travail, et favorise l’accueil de chercheurs en délégation CNRS et l’ouverture aux chercheurs des autres équipes et UMR de Paris Diderot.

 

 

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